Le massage : origine, types et bienfaits

mar 02, 2015
david

Bien qu’il soit instinctif et fasse partie de nos vies au quotidien et ce dès la naissance (regardez ce que fera la mère a son enfant qui a mal au ventre, l’amant à sa compagne qui a les épaules tendues, le skieur qui se frictionne en enlevant ses bottes), je suis étonné de constater comment les gens savent peu de choses sur le massage.

Mes clients sont souvent surpris des ramifications qu’il peut avoir dans leur vie, de l’étendue de ses bienfaits, du changement positif qu’il opère dans leur personne toute entière. De même, ils connaissent très peu les différents types de massage, s’étant limité au suédois pratiqué généralement dans les spas. Le processus qui amène à la pratique de la massothérapie est aussi nébuleux pour les gens, comme s’il s’agissait d’un obscur savoir transmis par quelques « maîtres », aux seuls initiés qui ont déjà le don du touché. Et le corps dans tout ça, la sexualité, la massothérapie professionnelle versus les salons de massage érotiques, et ceci et cela. Bref, beaucoup reste à faire pour clarifier les choses. Cette série de billets a pour but de démystifier le monde du massage, cette médecine puissante et naturelle.

Au même titre que la naturopathie, qui cherche à aider le corps à se guérir lui-même, la massothérapie est une approche holistique (du grec ancien holos signifiant « la totalité, l’entier ») qui s’adresse aussi bien au corps qu’au mental. Un esprit sain dans un corps sain prend, avec le massage, tout son sens.

masso_origines

ORIGINE

On ne peut en parler sans évoquer les origines, qui remontent loin dans le temps. Déjà pendant l’Antiquité, Hippocrate en vantait les mérites pour aider le corps à se soigner par lui-même, améliorer le tonus musculaire et la souplesse articulaire. Tout bon médecin devait connaître ce qu’ils appelaient la friction.

Le célèbre Galien de Parme défendit lui aussi le massage et lui allia les connaissances plus poussées en anatomie pour établir une base qui fera école durant des siècles par la suite.

ll est intéressant de noter que même dans L’Odyssée d’Homère, nos héros épuisés sont détendus aux frictions à l’huile. À Rome, les gladiateurs se méritaient les mêmes traitements pour améliorer leur performance, juste avant d’aller mourir dans l’arène. Il est aussi connu que Jules César, qui souffrait de névralgie, s’adonnait à des massages quotidiens.

Puisqu’au Moyen Age, on ne s’intéressait plus qu’à l’âme et non au corps, le massage disparut presque complètement de la médecine, jusqu’à la Renaissance, période bénie où il revint avec force et noblesse pour entamer sa codification telle qu’on la connait aujourd’hui, avec les familles de manoeuvres et ses effets sur les systèmes musculaires et sanguins.

masso_origines1
 Bas relief égyptien d'une représentation de massage

Cela posa les bases solides de ce que le gymnaste Per Henrik Ling perfectionna pour donner ce qu’on nomme aujourd’hui le massage suédois, utilisé dans la plupart des techniques occidentales modernes. On commença dès 1813 à l’enseigner à l’université et il fut communément accepté et encouragé comme méthode de soin en parallèle au corps médical officiel. On envoya même pendant les deux grandes guerres des armées de masseurs dans les tentes et tranchées pour soulager les soldats blessés.

L’âge d’or du massage survint dans les années 70 en Californie avec le centre Esalen, qui mit l’emphase sur le massage comme méthode pour relier corps, âme et esprit, dans une volonté de croissance personnelle. Le massage eut soudain un rayonnement mondial.

Aujourd’hui, le massage fait partie des principales thérapies officielles et est parfaitement intégré à la médecine. Il est utilisé par tout le monde et relégué dans les médias, on le voit même souvent dans les publicités – pour montrer la zénitude, par exemple. Bref, il fait partie de la vie de tout un chacun, non plus comme objet de luxe, mais comme outil au bien-être global, au même titre qu’on pratique le sport pour rester en forme. Les écoles en massothérapie se multiplient, les centres de soin aussi, où souvent on jumelle le massage à des soins en hydrothérapie, avec bassins chauds et froids, sur le modèle inspiré de la Scandinavie.

TYPES DE MASSAGE

masso_types

Suédois

Le suédois, le plus connu en Occident, est celui qui est la plupart du temps pratiqué dans les centres de santé. Sur une table de massage, les manœuvres se font directement sur la peau avec de l’huile ou du gel pour faciliter les mouvements. Le suédois s’adresse autant aux muscles qu’aux articulations, au système nerveux et à la peau. Il peut être thérapeutique lorsqu’il y a tensions ou douleurs, et de détente lorsque la personne a besoin de se relaxer. Selon la pression du thérapeute, il sera superficiel ou profond.

Thailandais

Ce massage, humoristiquement appelé « le yoga des paresseux », se pratique au sol, vêtu de vêtements souples et confortables. Il s’agit d’une suite de postures effectuées à deux, pendant lesquelles le client, qui reste passif, se laisse étirer, tourner, fléchir, le tout dans le respect des limites du corps pour éviter toute blessure. Très bénéfique au niveau des articulations et des tendons, il est aussi très relaxant.

Californien

Le californien peut ressembler au suédois par sa mise en place, mais se fait de façon plus superficielle, au niveau de la peau, en préconisant les effleurements, les pétrissages et les longues élongations reliant plusieurs parties du corps ensemble. Très enveloppant, il amène un état d’abandon, de calme profond.

Shiatsu

Effectué au sol et sur les vêtements comme pour le thailandais, le shiatsu se fait à l’aide de pressions des doigts, coudes, paumes, pieds. Le thérapeute travaille ce qu’on appelle les méridiens, des lignes d’énergies qui traversent le corps et qui favorisent un rééquilibre énergétique et une meilleure santé globale.

Voici quatre types de massages que j’ai décidé de vous présenter, mais il y en a dans les faits plusieurs dizaines, un peu moins connus, comme la réflexologie, qui s’occupe principalement des pieds; le lomi-lomi, qui se fait avec les avants-bras; le momentum, très instinctif et sur le modèle de l’improvisation; l’ashiatsu, qui se fait au complet avec pieds du thérapeute au lieu des mains; les pierres chaudes, pendant lequel le corps est recouvert de roches qu’on a préalablement réchaufées; le massage sur chaise, tel que vu en entreprise; le massage sportif, couramment utilisé par les athlètes pour des membres précis, etc.

BIENFAITS DU MASSAGE

masso_bienfaits

Le massage, en plus de la relaxation, a de bons effets sur le corps lui-même, en rendant les muscles moins tendus, plus souples et élastiques, en augmentant la mobilité articulaire, en favorisant une plus grande amplitude de mouvements, en améliorant la posture générale.

Il agit de plus positivement sur l’organisme, en soulageant les douleurs, augmentant la capacité respiratoire, améliorant le sommeil et la digestion, ce qui a un effet positif sur la constipation. Une amélioration du système sanguin et lymphatique est aussi à noter, qui entraîne une meilleure élimination des toxines. Jusqu’à la peau elle-même qui est plus belle, plus oxygénée et hydratée.

Par l’éveil corporel, le massage va aussi augmenter la conscience de son corps en éveillant le sens du toucher et la perception des sensations

Le stress

Le stress est une bonne chose à la base, puisqu’il nous permet de réagir rapidement à un évènement menaçant, mais de nos jours, il apparaît beaucoup plus présent que pour ce seul usage bénéfique. En effet, le rythme effréné de nos vies modernes fait en sorte qu’on a de moins en moins de temps, pour accomplir de plus en plus de choses, ce qui a pour effet de nous maintenir dans un état presque constant de stress. En devant être davantage performants, le cercle vicieux de cette pression sociale va même jusqu’à perturber le sommeil, essentiel à la réparation du corps et du cerveau.

Les nombreuses obligations amènent de surcroît une diminution des autres activités bénéfiques comme l’exercice physique, les moments de relaxation tels la lecture et se font aux dépends du temps nécessaire à la confection de repas sains et équilibrés.

S’enclenche dès lors la roue infernale du stress, physique et émotionnel, qui apporte sont lot d’inconforts, maux et maladies : nuque ou lombaires douloureux, gastro-entérite, encéphalite, dépression, jusqu’à l’augmentation du cholestérol, puisque le stress, en plus du dommageable et bien connu cortisol, augmente la libération du cholestérol dans le sang. La liste est longue et ceux-ci peuvent, s’ils ne sont pas traités, devenir chroniques, grugeant ainsi une bonne partie de la qualité de vie.

Le massage est un des meilleurs moyens de prévenir cette montée du stress et l’apparition de ces maux. J’entends souvent mes clients me dire : « Je ne sais pas ce que je faisais avant de venir me faire masser, je ne pourrais plus m’en passer tellement je me sens bien maintenant par rapport à avant! ». Cela m’indique le rôle du massage dans leur vie, comme il l’est d’ailleurs dans la mienne.

Le simple fait de prendre un temps pour s’occuper de soi est déjà bénéfique et une preuve d’amour à soi-même. Pendant la séance, les clients « partent », comme en témoignent plusieurs : ils font le vide, se libèrent l’esprit, se concentrant seulement sur les sensations de leur peau, la musique douce, les bonnes odeurs des huiles essentielles. Tout est mis en place pour réveiller le système parasympathique, responsable du ralentissement cardiaque, de la diminution de la tension artérielle, de la digestion et du sommeil.

Parfois, la personne particulièrement exténuée dort carrément à certains moments pendant le massage, et se réveille étonnée de se retrouver aussi « fraiche », comme après une bonne nuit de sommeil. On dit d’ailleurs que quelques minutes de sommeil en massage équivalent à une heure de sommeil normal. C’est peu dire et je le crois profondément.